On en a gros!

Le 9 mars 2016 débutait la première manifestation contre la première loi travail, un mouvement social d’ampleur qui aura eu le mérite de faire émerger des initiatives locales telles que nuit debout et, plus tard, jours debouts. Une chose m’a marqué ce jour là, une observation assez simple: une bonne partie des manifestants m’entourant ce jour là criaient leur colère on ne peut plus légitime, mais ils n’avaient pas conscience de leur degré d’intoxication consumériste qui rongeait leur comptes en banque respectifs.

Tous ces citoyens n’avaient-t-ils pas pour la plupart un smartphone dernière génération coûtant au bas mot les trois quart d’un SMIC? Avec comme programmes sur ces produits finis de hautes technologies des applications telles que Uber, Uber Eat, Deliveroo, et tant d’autres encore que je ne connais pas? Hier encore dissidents déclarés battant bravement le pavé, le soir même consommateurs plus ou moins conscients d’un système qu’ils décriaient même pas 12 heures plus tôt…

Que l’on ne s’y trompe pas, je ne suis pas homme à expédier d’aveugles procés d’intention à l’égard de masses anonymes que je ne connaitrais ni d’Eve ni d’Adam, mais une question survient, implacable. Que valent les revendications démocratiques d’égalités et de sécurités salariale d’individus eux-mêmes devenus incapables de se passer de services de prestations uberisés?

Soyons un peu indulgent, nombres d’entre nous sommes nés, avons grandi et accédés à l’âge de “raison” au sein d’une société supraconsumériste où Mc Donald rime avec fêtes d’anniversaires et Apple avec élégance raffinée et hype. La télévision a été pour l’écrasante majorité de ma génération (la génération Y) une seconde mère, avec des millions de jeunes esprits encores immatures à “éduquer”… Mais une vénérable dame issu d’une “famille tuyau de poêle”, rééditant sur ses nombreux rejetons la déplorable éducation qu’elle aurait subie dans sa prime jeunesse, tuant d’office chez beaucoups d’entre eux les germes de la curiosité et de la dissidence.

Je finirai par une citation de mon cru: “Tant qu’il y aura une télévision dans chaque foyer, il n’y aura pas de révolution.”

Chonchon